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vendredi 11 mai 2018

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Monplaisir Lettres







lundi 11 décembre 2017

L'amitié de Elisabeth Guibert






 A Monsieur de ***

Quoi ! de l'amitié la plus tendre,
Vous me refusez le retour !
Ah ! Je n'y dois donc plus prétendre !
Vous ne m'offrez que de l'amour.
Un sentiment plus vif a pénétré votre âme :
Il passera ce sentiment !
Je vois déjà s'éteindre votre flamme.
Je voulais un ami : vous n'êtes qu'un amant.

 Élisabeth Guibert, née à Versailles (1725-1788)
Dans l'Almanach des Muses (1766-1769)

samedi 9 décembre 2017

Chanson des escargots qui vont à l'enterrement , Prévert, Paroles (1946)

Voici la « Chanson des escargots qui vont à l'enterrement » d'après Prévert (Paroles, 1946)

lue par Jean Reno aux obsèques de Johnny Hallyday (9 décembre 2017)




« A l'enterrement d'une feuille morte
Deux escargots s'en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s'en vont dans le soir
Un très beau soir d'automne
Hélas quand ils arrivent
C'est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voilà le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le cœur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L'autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C'est moi qui vous le dit
Ça noircit le blanc de l'œil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C'est triste et pas joli
Reprenez vos couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent à chanter
A chanter à tue-tête
La vrai chanson vivante
La chanson de l'été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C'est un très joli soir
Un joli soir d'été
Et les deux escargots
S'en retournent chez eux
Ils s'en vont très émus
Ils s'en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais là-haut dans le ciel
La lune veille sur eux. »

mercredi 6 décembre 2017

Andromaque, Racine, acte III scène 4

Acte III Scène 4

Andromaque, Hermione, Cléone, Céphise

 ANDROMAQUE

Où fuyez-vous, Madame ?
N’est-ce pas à vos yeux un spectacle assez doux
Que la veuve d’Hector pleurante à vos genoux ?
Je ne viens point ici, par de jalouses larmes,
Vous envier un cœur qui se rend à vos charmes.
Par une main cruelle, hélas ! j’ai vu percer
Le seul où mes regards prétendaient s’adresser.
Ma flamme par Hector fut jadis allumée ;
Avec lui dans la tombe elle s’est enfermée.
Mais il me reste un fils. Vous saurez quelque jour,
Madame, pour un fils jusqu’où va notre amour ;
Mais vous ne saurez pas, du moins je le souhaite,
En quel trouble mortel son intérêt nous jette,
Lorsque de tant de biens qui pouvaient nous flatter,
C’est le seul qui nous reste, et qu’on veut nous l’ôter.
Hélas ! lorsque, lassés de dix ans de misère,
Les Troyens en courroux menaçaient votre mère,
J’ai su de mon Hector lui procurer l’appui.
Vous pouvez sur Pyrrhus ce que j’ai pu sur lui.
Que craint-on d’un enfant qui survit à sa perte ?
Laissez-moi le cacher en quelque île déserte ;
Sur les soins de sa mère on peut s’en assurer,
Et mon fils avec moi n’apprendra qu’à pleurer.

 HERMIONE

Je conçois vos douleurs. Mais un devoir austère,
Quand mon père a parlé, m’ordonne de me taire.
C’est lui qui de Pyrrhus fait agir le courroux.
S’il faut fléchir Pyrrhus, qui le peut mieux que vous ?
Vos yeux assez longtemps ont régné sur son âme ;
Faites-le prononcer : j’y souscrirai. Madame.



  Cette scène est très courte puisqu'elle ne comprend que deux répliques. Andromaque supplie Hermione de l'aider à sauver son fils menacé par les Grecs mais Hermione refuse d'intervenir auprès de Pyrrhus.

  Il faut comparer les discours des deux femmes. Andromaque commence à parler (23 vers) et Hermione répond (6 vers), donc Andromaque parle presque 4 fois plus qu'Hermione. La brièveté de la réponse d'Hermione, associé à son refus d'intervenir est déjà une injure, une humiliation et une façon de se venger de celle qu'elle considère comme sa rivale.

  Andromaque va  d'abord s'humilier devant Hermione. Puis, elle va affirmer qu'elle n'a aimé qu'Hector et n'est pas sa rivale (donc elle essaie de la rassurer).
  Elle va ensuite faire appel à la future fibre maternelle (et la solidarité féminine) d'Hermione pour l'apitoyer sur le sort de son fils.

  Elle lui rappelle qu'elle a contribué à sauver Hélène, la mère d'Hermione, et lui demande de lui rendre la même service pour son fils, elle en appelle à sa reconnaissance.

 Elle lui demande enfin d'intervenir auprès de Pyrrhus pour ne pas livrer Astyanax aux Grecs
et de l'exiler avec elle sur une île, ainsi Andromaque ne serait plus un obstacle à l'amour d'Hermione pour Pyrrhus. Elle essaie encore de la rassurer.

  A ce discours, Hermione admet concevoir les douleurs de sa rivale (simple concession formelle)  mais oppose son devoir filial : elle doit obéir à son père Ménélas et se taire. Puis, de manière cynique, elle renvoie Andromaque à Pyrrhus pour demander elle-même la grâce de son fils car elle est mieux placée qu'elle pour le faire, selon elle.

  Jamais, elle ne répond aux arguments d'Andromaque qu'elle résume par les mots "vos douleurs". Elle fait mine au final de s'aligner sur la future décision de Pyrrhus.

 En résumé, Hermione est de mauvaise foi (sa soi-disant compréhension des douleurs d'Adromaque et son prétendu devoir filial), cynique et ironique : "S’il faut fléchir Pyrrhus, qui le peut mieux que vous ?", jalouse : "Vos yeux assez longtemps ont régné sur son âme" et hypocrite : "Faites-le prononcer : j’y souscrirai. Madame."

samedi 30 septembre 2017

Amphitryon 38, acte II, scène 2, Giraudoux, commentaire de texte



Amphitryon 38 (1929) de Giraudoux
Extrait de l’acte II, scène 2
Une nuit « divine » ?


[…]
JUPITER. — Quelle nuit divine !
ALCMÈNE. — Tu es faible, ce matin, dans tes épithètes, chéri.
JUPITER. — Je dis divine !
ALCMÈNE. — Que tu dises un repas divin, une pièce de bœuf divine, soit, tu n’es pas forcé d’avoir sans cesse de l’invention. Mais, pour cette nuit, tu aurais pu trouver mieux.
JUPITER. — Qu’aurais-je pu trouver de mieux ?
ALCMÈNE. — À peu près tous les adjectifs, à part ton mot divin, vraiment hors d’usage. Le mot parfait, le mot charmant. Le mot agréable surtout, qui dit bien des choses de cet ordre : quelle nuit agréable !
JUPITER. — Alors la plus agréable de toutes nos nuits, n’est-ce pas, de beaucoup ?
ALCMÈNE. — C’est à savoir.
JUPITER. — Comment, c’est à savoir ?
ALCMÈNE. — As-tu oublié, cher mari, notre nuit de noces, le faible fardeau que j’étais dans tes bras, et cette trouvaille que nous fîmes de nos deux cœurs au milieu des ténèbres qui nous enveloppaient pour la première fois ensemble dans leur ombre ? Voilà notre plus belle nuit.
JUPITER. — Notre plus belle nuit, soit. Mais la plus agréable, c’est bien celle-ci.
ALCMÈNE. — Crois-tu ? Et la nuit où un grand incendie se déclara dans Thèbes, d’où tu revins dans l’aurore, doré par elle, et tout chaud comme un pain. Voilà notre nuit la plus agréable, et pas une autre !
JUPITER. — Alors, la plus étonnante, si tu veux ?
ALCMÈNE. — Pourquoi étonnante ? Oui, celle d’avant-hier, quand tu sauvas de la mer cet enfant que le courant déportait, et que tu revins, luisant de varech et de lune, tout salé par les dieux et me sauvant toute la nuit à bras le corps dans ton sommeil… Cela était assez étonnant !… Non, si je voulais donner un adjectif à cette nuit, mon chéri, je dirais qu’elle fut conjugale. Il y avait en elle une sécurité qui m’égayait. Jamais je n’avais été aussi certaine de te retrouver au matin bien rose, bien vivant, avide de ton petit déjeuner et il me manquait cette appréhension divine, que je ressens pourtant toutes les fois, de te voir à chaque minute mourir dans mes bras.
JUPITER. — Je vois que les femmes aussi emploient le mot divine ?…
ALCMÈNE. — Après le mot appréhension, toujours.
Un silence.
JUPITER. — Quelle belle chambre !
ALCMÈNE. — Tu l’apprécies surtout le matin où tu y es en fraude.
JUPITER. — Comme les hommes sont habiles ! Par ce système de pierres transparentes et de fenêtres, ils arrivent, sur une planète relativement si peu éclairée, à voir plus clair dans leurs maisons qu’aucun être au monde.
ALCMÈNE. — Tu n’es pas modeste, chéri. C’est toi qui l’as inventé.
JUPITER. — Et quel beau paysage !
ALCMÈNE. — Celui-là tu peux le louer, il n’est pas de toi.
JUPITER. — Et de qui est-il ?
ALCMÈNE. — Du maître des dieux.
JUPITER. — On peut savoir son nom ?
ALCMÈNE. — Jupiter.
JUPITER. — Comme tu prononces bien les noms des dieux ! Qui t’a appris à les mâcher ainsi des lèvres comme une nourriture divine ? On dirait une brebis qui a cueilli le cytise et, la tête haute, le broute. Mais c’est le cytise qui est parfumé par ta bouche. Répète. On dit que les dieux ainsi appelés répondent quelquefois par leur présence même.
ALCMÈNE. — Neptune ! Apollon !
JUPITER. — Non, le premier, répète !
ALCMÈNE. — Laisse-moi brouter tout l’Olympe… D’ailleurs j’aime surtout prononcer les noms des dieux par couples : Mars et Vénus, Jupiter et Junon… Alors je les vois défiler sur la crête des nuages, éternellement, se tenant par la main… Cela doit être superbe !
JUPITER. — Et d’une gaîté… Alors tu trouves beau, cet ouvrage de Jupiter, ces falaises, ces rocs ?
ALCMÈNE. — Très beau. Seulement l’a-t-il fait exprès ?
[…]


  • Jean Giraudoux (1882-1944)


Commentaire de l’extrait
Amphitryon 38 de Giraudoux se présente comme la 38e version du mythe en 1929, après celles de Plaute et de Molière. Jupiter, roi des Dieux, a séduit Alcmène, épouse d’Amphitryon, en prenant l’apparence de son époux. Dans l’acte II, scène 2, on assiste à un dialogue entre Jupiter et Alcmène, au matin, après une nuit d’amour. Dans cette scène qui repose sur un quiproquo comique, se dégage une réflexion sur l’humain et le divin.



 I) Une scène burlesque



A) Un malentendu sur les mots ou la nuance sémantique



- Tout repose sur la qualification de la qualité de la nuit d’amour entre Jupiter et Alcmène. Quand Jupiter qualifie cette nuit de « divine », Alcmène conteste cet adjectif qu’elle trouve mal approprié et « hors d’usage » ; pour elle, il serait mieux associé à de la nourriture, comme une « pièce de bœuf « ou « un repas ». Le mot « divin » est alors pris dans une acception imagée et hyperbolique et non dans son sens littéral. C’est une façon de « désacraliser » le sens du mot et de le rattacher à la matière « consommable ».

- Elle propose des variations plus « terre à terre » comme « parfait, charmant, agréable » où on note un decrescendo dans l’intensité du sens et de la sensation.

- Les questions inquiètes de Jupiter qui a besoin d’être rassuré sur sa virilité ne manquent pas d’amuser le spectateur : cette nuit d’amour n’était-elle pas « la plus belle nuit ou la plus étonnante  » à défaut d’être « divine » ? Il n’avait employé le mot « divin » que dans une sorte de demi-révélation sur son identité et s’attendait à l’acquiescement ravi d’Alcmène.

- Les réserves d’Alcmène et les rappels des nuits antérieures passées avec son vrai mari sont autant de brimades pour Jupiter qui se trouve dévalorisé par rapport à un simple mortel.



B) Un malentendu sur l’identité ou la révélation allusive



- Le mot « divine », comme on l’a vu, n’était pas anodin et était déjà une allusion voilée à l’identité de Jupiter.

- Dans la suite de la scène, Jupiter ose se rapprocher de la révélation : « On peut savoir son nom ? » ou « Comme tu prononces bien les noms des dieux ! ».

- On assiste à un jeu sur la double énonciation car le public, mieux informé qu’Alcmène, se demande si Jupiter va se dévoiler et quelle serait alors la réaction d’Alcmène : « On dit que les dieux ainsi appelés répondent quelquefois par leur présence même. ».

- Les réponses d’Alcmène sont décevantes pour Jupiter car le prestige divin est malmené et, pour elle, les dieux se déclinent par couples, comme en série : « D’ailleurs j’aime surtout prononcer les noms des dieux par couples : Mars et Vénus, Jupiter et Junon… ». C’est, bien sûr, une façon de rappeler à Jupiter qu’il a une épouse légitime à laquelle il doit fidélité.

 - « Brouter tout l’Olympe » en écho avec l’image employée par Jupiter « On dirait une brebis qui a cueilli le cytise et, la tête haute, le broute » assimile le panthéon divin à un vil pâturage et cela ne peut que froisser l’orgueil de Jupiter qui se trouve banalisé et plutôt ridicule.



II) Une réflexion sur le divin et l’humain



A) Le divin dévalorisé



- Ce qui terrasse vraiment Jupiter, c’est lorsqu’Alcmène qualifie leur nuit d’amour de banalement « conjugale » : « Non, si je voulais donner un adjectif à cette nuit, mon chéri, je dirais qu’elle fut conjugale. » Le roi des Dieux, loin d’être un amant exceptionnel, se situe dans la norme et la routine du mari légitime.

- Pire, c’est un mari très humain jusqu’à la caricature : « bien rose, bien vivant, avide de ton petit déjeuner ». On dirait qu’elle fait allusion à un enfant ou à un petit animal.

- La vision qu’Alcmène a des dieux est, au mieux, esthétique ou, au pire, simpliste : « Alors je les vois défiler sur la crête des nuages, éternellement, se tenant par la main… Cela doit être superbe ! ».

- Elle doute même à propos du plan de Dieu concernant la beauté de la création : « Très beau. Seulement l’a-t-il fait exprès ? » Dès lors, Jupiter ne peut qu’entendre la louange de l’humain.



B) L’humain valorisé



- L’éloge qu’Alcmène fait d’Amphitryon devient poétique  et sensuel: « Et la nuit où un grand incendie se déclara dans Thèbes, d’où tu revins dans l’aurore, doré par elle, et tout chaud comme un pain. » Ou encore cette allusion au sauvetage d’un enfant par son mari : « [il] revint, luisant de varech et de lune, tout salé par les dieux et me sauvant toute la nuit à bras le corps dans ton sommeil… »

- Elle rappelle malicieusement les inventions de l’homme : « Tu n’es pas modeste, chéri. C’est toi qui l’as inventé. » à propos des vitres que Jupiter nomme « ce système de pierres transparentes et de fenêtres ».

- L’humain est pour elle sécurisant : « Il y avait en elle (la nuit conjugale) une sécurité qui m’égayait », tandis que le divin est inquiétant : « Après le mot appréhension, toujours. » quand Jupiter lui dit : « Je vois que les femmes aussi emploient le mot divine ?… »



Giraudoux joue du quiproquo et du comique de situation pour instaurer une complicité avec le public qui s’amuse de voir un dieu soucieux de sa virilité et qui rit de la franchise cruelle d’Alcmène. Mais au-delà de cet aspect burlesque, le dramaturge relativise la puissance des dieux et même la grandeur de la création. Les humains semblent avoir plus d’intelligence, de charme et de bon sens. Dans une autre de ses pièces, Electre (1937), Giraudoux va même jusqu’à traiter les dieux de « boxeurs aveugles » qu’il vaut mieux ne pas déranger afin qu’ils ne déclenchent pas des catastrophes pour l’humanité. Alcmène, loin de rêver au statut de déesse, fait l’éloge de la condition de mortel et de ses limites et se méfie de l’illusion divine.

Céline Roumégoux (2017)
Tous droits réservés

lundi 25 septembre 2017

Hommage à Jeanne Moreau, Le Tourbillon



« Le Tourbillon » est une chanson française écrite par Serge Rezvani (né en 1928), chantée par Jeanne Moreau ( 1928-2017) et rendue célèbre par le film Jules et Jim de François Truffaut, en 1962. 



Elle avait des bagues à chaque doigt, 
Des tas de bracelets autour des poignets, 
Et puis elle chantait avec une voix 
Qui, sitôt, m'enjôla. 

Elle avait des yeux, des yeux d'opale, 
Qui me fascinaient, qui me fascinaient. 
Y avait l'ovale de son visage pâle 
De femme fatale qui m'fut fatale 
De femme fatale qui m'fut fatale 

On s'est connu, on s'est reconnu, 
On s'est perdu de vue, on s'est r'perdu d'vue 
On s'est retrouvé, on s'est réchauffé, 
Puis on s'est séparé. 

Chacun pour soi est reparti. 
Dans l'tourbillon de la vie 
Je l'ai revue un soir, aïe, aïe, aïe, 
Ça fait déjà un fameux bail 
Ça fait déjà un fameux bail 

Au son des banjos je l'ai reconnue. 
Ce curieux sourire qui m'avait tant plu. 
Sa voix si fatale, son beau visage pâle 
M'émurent plus que jamais. 

Je me suis soûlé en l'écoutant. 
L'alcool fait oublier le temps. 
Je me suis réveillé en sentant 

Des baisers sur mon front brûlant 
Des baisers sur mon front brûlant 

On s'est connu, on s'est reconnu. 
On s'est perdu de vue, on s'est r'perdu de vue 
On s'est retrouvé, on s'est séparé. 
Puis on s'est réchauffé. 

Chacun pour soi est reparti. 
Dans l'tourbillon de la vie. 
Je l'ai revue un soir ah ! là là 
Elle est retombée dans mes bras. 
Elle est retombée dans mes bras. 

Quand on s'est connu, 
Quand on s'est reconnu, 
Pourquoi s’perdre de vue, 
Se reperdre de vue ? 

Quand on s'est retrouvé, 
Quand on s'est réchauffé, 
Pourquoi se séparer ? 

Alors tous deux on est reparti 
Dans le tourbillon de la vie 
On a continué à tourner 
Tous les deux enlacés 
Tous les deux enlacés. 
Tous les deux enlacés.